At-once tout en arborescence

Pour le designer Nelson Alves, « ce sont davantage les plus petites maisons d‘édition qui font preuve d’audace en réunissant des designers reconnus et des jeunes créateurs »

 

En quête de liberté créative, à la croisée entre le design industriel et la création de mobilier, Nelson Alves a créé, avec le designer Maxence Boisseau, l’agence de design At-once en 2010. Un montage innovant divisé en deux agences permettant de répondre aussi bien aux besoins d’industriels et de maisons d’édition que de s’auto-éditer.

 

« Auparavant, je travaillais dans une agence parisienne de design industriel sur des projets tels que des aménagements d’intérieur de véhicules militaires, des aspirateurs de piscine… » confie Nelson Alves, jeune designer, sorti du Strate College de Paris en 2008. « Avec mon collègue d’agence, Maxence Boisseau, nous avions le même ressenti. Nous souhaitions nous libérer des cahiers des charges quelques heures par jour… c’était là les balbutiements d’At-once».

Forts de ce constat, Nelson Alves et Maxence Boisseau, se lancent à leur propre compte, en créant en 2010 l’agence de design At-once. Maxence s’installe à Nantes et Nelson à Bordeaux. Deux pôles géographiques pour mieux couvrir l’ouest de la France. Et un montage de collectif novateur comprenant deux agences permettant à la fois de répondre, individuellement ou à deux, à des prestations industrielles, à des contrats avec des maisons d’édition et enfin d’assurer une activité d’auto-édition. « C’est une bonne méthode tant pour s’associer à un industriel que travailler dans l’édition. Nous n’y trouvons que des avantages » témoigne Nelson Alves.

A la croisée de compétences techniques et créatives

Aujourd’hui, les deux designers planchent ainsi, à la demande d’industriels sur la conception de produits dans l’univers médical prenant en compte des critères très techniques d’ergonomie, de fabrication, d’usage…En parallèle, ils vont sortir de nouvelles collections de produits mobiliers (tables basses, miroir, …)  pour des maisons d’éditions telles que Kok Maison, Robba Edition… Depuis le lancement d’At-once, ils ont de plus auto-édité cinq produits qu’ils commercialisent directement, tels que le pot à crayons Dinoz, les vases Larme, le fauteuil Glorify (en partenariat avec Rotoplus)…« Cet équilibre entre technique et créativité nous permet de proposer des objets parfaitement adaptés aux usages », ajoute Nelson Alves.

Le pot à crayons Dinoz, premier objet auto-édité par A-once.

Leur totale liberté de création, ils la trouvent surtout via l’auto-édition. « Les grandes maisons d’éditions proposent régulièrement de servir de tremplin aux jeunes designers par le biais de concours, cependant ce sont davantage les plus petites maisons d‘édition qui font preuve d’audace en réunissant des designers reconnus et des jeunes créateurs. Le mieux est d’arriver, en tant que designer, à travailler avec les deux ».

Le coup de poker de l’auto-édition

Dans ce contexte, le coup de poker, est d’arriver à s’auto-éditer. Un défi, connu pour être risqué financièrement, mais que Nelson et Maxence ont relevé en jouant la carte des partenariats avec des industriels. «Généralement, elles interviennent au niveau de la réalisation des prototypes ou du financement de moules. Disposant des machines et des outils, d’un savoir faire, ces partenaires ne prennent qu’un risque financier mesuré. Au final, si ensuite le produit fonctionne bien, l’entreprise qui va en assurer la fabrication aura alors des retombées financières, mais également en termes d’image et d’innovation. Économiquement, nous comme l’industriel, s’y retrouvons ».

Les fauteuils Glorify édités par At-once en partenariat avec la société Rotoplus.

Outre l’intérêt d’asseoir « son style » et son « univers » auprès des clients, l’auto-édition leur permet également de mieux connaître toutes les étapes de la création d’un objet. « Nous connaissons, grâce à l’auto-édition, tous les rouages et les enjeux de l’investissement que représente la création d’un objet. Cet aspect rassure également les industriels qui nous démarchent pour des prestations », reconnaît le gérant d’At-once Bordeaux. « Faire de l’auto-édition, c’est également être présent sur des salons, ce qui nous permet d’être confronté directement au regard du public. Il n’y a pas de frontière entre le designer et le consommateur. Même si parfois les critiques peuvent être mitigées, cela permet d’avoir une visibilité réelle du marché et des attentes des consommateurs. De plus en plus d’industriels cherchant à sortir des carcans techniques, sont prêts à aller vers plus de créativité et attendent aussi des designers une expertise des tendances ».

 

Marianne Peyri, journaliste Cap Sciences

 

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