Design accélérateur de business / Ces produits qui changent et s’adaptent

Olivier Hausheer, Directeur associé de XTC World Innovation et de Coach chez AxéoSens, a détaillé les différents leviers pour innover par le design, lors des Escales du Design de décembre 2014.

Olivier Hausheer, Directeur associé de XTC World Innovation et de Coach chez AxéoSens, a détaillé les différents leviers pour innover par le design, lors des Escales du Design de décembre 2014. Crédit photo : Yohan Terraza.

 

Faire le produit non pas juste « nouveau », mais réellement innovant, qui rencontre l’adhésion des clients et forcément engendre de la valeur ajoutée…
Toutes les entreprises agroalimentaires en rêvent. Mais que faut-il pour que la sauce prenne ?

 « L’innovation commence par l’observation, afin de trouver ce qui peut apporter un bénéfice consommateur nouveau. C’est ça, un produit innovant, ce qui est différent d’un nouveau produit », pose d’emblée Olivier Hausheer, qui sous sa double toque de Directeur associé de XTC World Innovation et de Coach chez AxéoSens, aide au quotidien les entreprises à innover. Pour atteindre cet objectif, le recours à une démarche design, selon lui, prend tout sens, « prioritairement parce qu’elle apporte une cohérence entre le produit et la forme. Là est l’idée phare et le rôle décisif du design », martèle ce porte-parole de l’innovation, qui, preuve à l’appui, est revenu, durant les Escales du Design de décembre 2014, sur quelques success stories d’innovations agroalimentaires.

Des innovations qui tapent dans le mille

Le lancement, par exemple, des fameux Actimel, yaourt liquide vendu par Danone. « Dès les années 1950, les Japonais avaient eu l’idée de lancer du lait fermenté en flacon-dose, mais ces premiers modèles n’étaient pas très attractifs. Dans les années 1990, Danone s’est appuyé sur ce concept de boisson santé puis de geste « santé du matin », en travaillant notamment la forme du flacon-dose dans l’esprit potion magique d’Astérix… Le succès est venu de la cohérence entre la forme et le produit », démontre Olivier Hausheer. Au-delà de l’innovation packaging, le produit lui-même peut être revisité avec succès. « Herta, en lançant en 2003, les Knacki ball, petites billes de saucisses, a réussi à partir d’un produit au départ basique consommé par les enfants, a créé un produit considéré comme un must. Dans ces deux cas, le rôle du design pour innover est certain et a permis d’engendrer des tendances suivies depuis par d’autres marques ».

Enfin, l’utilisation du design, facilitant l’usage, « comme simplificateur de geste » remporte, de même de franches réussites : système de pompe pour verser la juste dose de sirop, jauge pour voir le niveau de remplissage d’une bouteille, thé en stick qui sert en même temps de cuillère…

Dix leviers pour innover par le design

« Face à la diversité des attentes des consommateurs, qui sont parfois même contradictoires, il est désormais difficile de concevoir un produit qui va atteindre sa cible. Le design doit alors contribuer à rendre évidentes les solutions possibles pour satisfaire le consommateur », décrit ainsi Olivier Hausheer qui a présenté différents axes d’innovation dans lesquels le design a un rôle à jouer. L’un des axes est la « frugalité et le contrôle », avec la notion de juste dose, et à l’inverse le « petit luxe que l’on s’offre de temps en temps », ou jouer sur une alimentation protectrice, sans gluten, sans allergène… pour rassurer le consommateur.  « Il y a le « vivant sauvage », une tendance émergente qui s’appuie sur la notion de produits vivants, par exemple, un kit de champignons prêts à pousser lancé au Portugal » et qui joue sur les ingrédients que l’on voit se transformer ». Certains industriels ont décidé, eux, de cibler les « consommateurs surdoués », avec des kits pour produire sa propre bière quand d’autres jouent la carte des « consommateurs aidés », avec « par exemple le lancement récent en Suisse de salades prêtes à consommer et numérotées pour que le client la trouve plus rapidement en rayon ».

D’autres vont jouer sur le côté indispensable d’un produit consommable « où je veux quand je veux », comme les gourdes pour enfants…
La mise en avant également du « local et citoyen » apparaît aujourd’hui comme l’un des leviers avec l’affichage des noms des producteurs, leurs photos, des informations en lien avec la proximité du produit… Tout comme l’intégration d’une culture exotique à des recettes classiques, par exemple des maki aux fruits et chocolat…Certains produits jouent, eux, sur l’idée que le « temps est une valeur » en indiquant par exemple « lentement grillé à la broche »…
Enfin, derniers-nés de l’innovation, les produits « agroalimentaires » connectés. « On a vu cette année un calendrier de l’avent où l’enfant chaque jour découvre non pas un chocolat mais une surprise digitale et un code pour se connecter et accéder à un jeu nouveau… ».

Et c’est peut-être la mission ultime du design : créer un lien affectif avec les consommateurs, être générateur d’émotions.

Marianne Peyri, journaliste Cap Sciences

Retrouvez tous les enregistrements et vidéos sur notre Playlist Escales du Design 2014

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