Design accélérateur de business / Exigences environnementales : une « contrainte » riche d’opportunités

Engager une démarche d’écoconception ou écodesign, les entreprises hésitent. Pourtant, sous cette apparence de « contraintes », les bénéfices se conjuguent au pluriel.

François Levasseur ( Ecole de Design des Landes) et Cyril Baldacchino (APESA), lors des Escales du Design de décembre 2014. Crédit photo : yohan Terraza.

François Levasseur ( Ecole Supérieure de Design des Landes) et Cyril Baldacchino (APESA), lors des Escales du Design de décembre 2014. Crédit photo : Yohan Terraza.

« Trop cher », « pas prioritaire … Voilà ce que disaient souvent les entreprises ces dernières années, mais aujourd’hui les entreprises viennent nous voir en disant qu’elles n’ont plus le choix… », témoigne Cyril Baldacchino, responsable du pôle innovation à l’APESA (Centre technique en environnement basé sur 4 sites en Aquitaine), invité des Escales du design de décembre 2014 à Talence. Tant pour respecter les normes environnementales exigées, valoriser leur image, se différencier de la concurrence, marquer des points dans des appels d’offre et trouver une nouvelle façon d’innover, les entreprises se lancent peu à peu dans l’écoconception ou l’écodesign lorsqu’un designer participe de l’aventure.

Les mentalités évoluent et les outils de méthodologie se peaufinent.

Des outils d’évaluation et des aides

Parmi eux, l’AVC, l’Analyse du cycle de vie, d’un produit ou d’un système, fait ses preuves, selon Cyril Baldacchino. « Cet outil d’évaluation permet de connaître l’impact réel de son produit sur l’environnement en mesurant une multiples de paramètres liés à la fabrication, à l’utilisation, au transport du produit : entrants et sortants, matières premières utilisées, emballages, fin de vie du produit… Il permet d’établir ainsi une photo environnementale de son produit, soit la première étape pour détecter de premières pistes d’amélioration ». De pré-diagnostic gratuit ou allant jusqu’à 2000 €, aux premières études AVC (entre 10 000 à 15 000€) jusqu’aux grosses études pouvant se chiffrer à 70 000 €, les entreprises peuvent entrer chacune selon leurs moyens, dans la démarche d’écoconception. Elles peuvent aussi bénéficier d’aides de l’ADEME, du Crédit d’impôt recherche…,

Aller vers une dimension d’éco-satisfaction

Pour François Levasseur, directeur de l’École supérieure de design des Landes, qui depuis 5 ans, a formé plusieurs dizaines d’écoconcepteurs, l’importance est de voir l’écoconception surtout comme une opportunité. « Les médias et la société donnent souvent une vision culpabilisante ou anxiogène des questions environnementales, a recours à des taxes… Il est temps que ces enjeux soient vus comme une source potentielle de création et d’innovation et dotée d’une dimension d’éco-satisfaction.(…) On voit aujourd’hui des sociétés tel Philips qui intègre l’écoconception dès l’amont et l’écodesign comme une contrainte parmi d’autres. Ces sociétés ont compris que le rôle des designers est de faire en sorte que ces produits soient aussi plus désirables, plus légers, plus fonctionnels, et génèrent de l’envie… ».

De même pour Cyril Baldacchino de l’APESA, « l’enjeu aujourd’hui est de réduire la production de déchets, les émissions de CO2… Mais cet enjeu doit être vu comme un levier complémentaire de développement et non comme une contrainte ».

Dosatron : « Nous avons envie de continuer »

dosantron

Présente dans la salle, Christine Roux, assistante R e&D de la société Dosatron, fabricant de doseuses et pompes doseuses hydrauliques, a témoigné de l’engagement de sa société dans une démarche d’écodesign. Au sein de cette société, un premier travail d’évaluation a été entrepris avec l’APESA, suivi de formations, de passerelles entre des ingénieurs de l’ESTIA et un designer extérieur… Le tout pour mener une réflexion notamment sur le dimensionnement et le poids des pièces, un emballage 100 % recyclable… « C’est un travail de fond qui prend du temps », témoigne Christine Roux de Dosatron. « Il demande plus d’organisation et de pouvoir fournir beaucoup de données. Mais c’est faisable et surtout on constate que cela nous a ouvert plein de portes, et a créé du dialogue entre la R&D, les marketeurs, les commerciaux… Bref, c’est désormais un point fort de la société. Nous avons envie de continuer, d’aller de plus en plus vers l’écoconception et ce, dès le départ d’un projet, dès l’étude de marché… ».

Marianne Peyri, journaliste Cap Sciences

Retrouvez tous les enregistrements et vidéos sur notre Playlist Escales du Design 2014

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