Design accélérateur de business / l’usage : point de départ de la conception


La dernière table ronde de ces Escales du design 2014 sur le thème « Quelles nouvelles méthodes pour appréhender, dès le début de la phase de conception, la dimension “usage” dans le design des applications technologiques ? » a réuni quatre professionnels issus du E.commerce, de l’expérience utilisateur (UX), ergonomie et architecture. Objectif ? Croiser les points de vue, partager les expériences, méthodes et pistes de développements.

On ne conçoit pas un service comme un artefact technique, on n’imagine pas un bâtiment sans penser à ses occupants, on ne structure pas une application de la même manière, selon qu’elle se destine à une poignée d’experts ou à des millions d’utilisateurs… Cependant, dans toutes ces démarches une certitude fonde le consensus : plus le concepteur tarde à prendre en compte l’usage, plus les risques et les coûts augmentent alors que la performance chute.

Design accélérateur de business / l’usage : point de départ de la conception

Sébastien Bruhat.

« Penser utilisateur » : Sébastien Bruhat, développeur de logiciels, cofondateur de Brainify.

Brainify est un outil pédagogique interactif d’analyse de statistiques et d’optimisation des performances de vente pour les E.commercants. « Nous avons intégré l’utilisateur dès la conception de Brainify qui se situe à mi-chemin entre Google Analytics et d’autres outils plus fun et moins performants. Grâce à cette méthode itérative où l’utilisateur est sollicité tout au long du développement de l’outil, nous en sommes arrivés à une solution entre l’user-friendly et le professionnel, au design optimisé, facile de compréhension et d’utilisation. »

Design accélérateur de business / l’usage : point de départ de la conception

Axel Johnston.

« Il faut segmenter la cible d’utilisateurs » : Axel Johnston, UX designer, cofondateur d’Akiani, société de conseil et ingénierie en facteurs humains.

« Nous n’avons pas tous les moyens de Google ou de Facebook. Il est très compliqué et onéreux de concevoir pour tous les utilisateurs. Ainsi, il est primordial de :

  • Segmenter sa cible ;
  • Soigner des interfaces ;
  • Proposer des niveaux d’expertise ;
  • Ne pas chercher à réinventer la roue, rester dans des usages connus ;
  • Objectiver ses designers ;
  • Et bien entendu intégrer les utilisateurs dès la genèse du projet en utilisant des tests AB qui améliorent l’outil par la preuve. »
Design accélérateur de business / l’usage : point de départ de la conception

Xavier Maurin.

« Investir en amont dans l’UX design, c’est la promesse de gains ultérieurs » : Xavier Maurin, fondateur de Kstrategy, société qui accompagne les entreprises de technologie sur l’élaboration d’une stratégie UX et de l’association UX Bordeaux.

« La technologie de doit pas se voir, mais être au service de. Car le design d’expérience apporte une valeur ajoutée à l’utilisateur de produits ou de services, du client au fournisseur. Ainsi, pour limiter les risques de rejet, il est impératif de prendre en considération l’utilisateur final dès la phase de construction d’un objet ou d’une interface digitale. Un dollar investi dans des méthodologies de conception centrées sur les utilisateurs appelés aussi user center design (UCD) revient entre 2 et 100 dollars. En clair, investir en amont dans l’UX design, c’est la promesse de gains ultérieurs, mais c’est également créer ou recréer des liens avec ses clients. »

Design accélérateur de business / l’usage : point de départ de la conception

Jean-Christophe Masnada.

« Offrir tous les usages possibles aux citadins » : Jean-Christophe Masnada, architecte, Atelier King Kong.

« Envisager l’aménagement urbain est délicat, car il s’adresse à tous les citadins qui ont des codes et imaginaires différents. Il peut s’envisager selon deux méthodes, deux orientations possibles. L’une qui définit les choses, et l’autre qui les suggère. Il y avait bien une notion d’usage défini dans le projet initial, mais nous avons choisi de la mettre de côté. Lors de l’aménagement de la place Pey-Berland à Bordeaux, nous avons préféré évoquer et offrir l’espace et non pas précisément définir son usage. C’est un espace qui doit être pluriel. Nous ne voulions pas y définir des zones, mais y permettre au contraire l’avènement de tous les possibles : marchés, manifestations, patinoire, skate, etc. »

Claire Sémavoine, journaliste Cap Sciences
Crédit photos : Yohan Terraza

Retrouvez tous les enregistrements et vidéos sur notre Playlist Escales du Design 2014

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