Design accélérateur de business / Pyrenea : au-delà de l’échec, la mutation

Design accélérateur de business/Pyrenea : au-delà de l’échec, la mutation

Le designer Jean-Louis Iratzoki, co-fondateur de Lanka qui accompagne les entreprises dans la création de produits jusqu’à leur mise en vente sur le marché.
CP : Yohan Terraza.

Lors de la première table ronde des Escales du design 2014 qui s’articulait autour du thème : « Quelles dynamiques d’innovation collective pour faire émerger des opportunités business », et où les intervenants partageaient leurs expériences positives, le designer Jean-Louis Iratzoki a plutôt fait office selon Camille Syren, l’animatrice des Escales du design de « poil à gratter ». Le designer est en effet revenu sur l’insuccès de Pyrenea, marque lancée en 2011 par cinq entreprises du Pays basque et des Landes, dont il assurait avec le designer Samuel Accoceberry, la direction artistique et design produit. Témoignage.

Pyrenea est un collectif créé par Alki, La Chaiserie landaise, Gurea, Labarère et Bastiat, cinq petites sociétés du Pays basque et des Landes, toutes dédiées à la fabrication de meubles. Quoique concurrentes, elles sont venues en 2009 solliciter les designers Jean-Louis Iratzoki et Samuel Accoceberry dans l’objectif de lancer une collection commune de meubles pour l’hôtellerie et haut de gamme.

« Cela va être simple, je vais vous dresser la liste des erreurs que nous avons faites avec Pyrenea », commence Jean-Louis Iratzoki avec une pointe d’amertume dans la voix. Immédiatement interpellé par Camille Syren : « Ne seraient-ce pas plutôt des enseignements ? »

« Effectivement », poursuit le designer. « Quand j’ai commencé à les rédiger pour préparer mon intervention d’aujourd’hui, je me suis rendu compte que Pyrenea n’était pas une expérience si négative que cela. »

Trouver sa propre identité pour ensuite créer une marque commune

« L’exercice a été sympathique, car intelligent et à l’époque, innovant », continue Jean-Louis Iratzoki. « Sans oublier que pour les décideurs et les payeurs, les institutionnels, le collectif est toujours très intéressant. » Or, les intérêts divergents et l’inertie propre à chaque entreprise rendent « en réalité, ce genre de projet plutôt difficile à mettre en œuvre ».

« Aussi, avons-nous cherché à développer une typologie d’objet propre à chaque entreprise et à viser une complémentarité dans la présentation de l’offre Pyrenea. » Alki pour les sièges, Bosc pour les divans et sofa, La Chaiserie Landaise pour l’ameublement extérieur, etc.

Pyrenea, nouvelle version

Alors que certaines entreprises comme l’ébeniste-tapisseur Bastiat, devenue Bosc ou encore Alki, ont véritablement profité de l’opportunité de collaborer entre elles et avec des designers, « d’autres ont considéré que le pari n’était pas jouable ».

L’aspect positif de ces abandons ? « Cela a permis de clarifier la situation. Chacun a pu déterminer son identité, ce vers quoi il voulait, ou devait aller ».

A Bosc et Alki, viennent de se greffer, deux nouveaux acteurs : Retegui et Treku. Ensemble, elles réfléchissent, tout en conservant chacune leur forte identité, à des actions communes sur d’autres marchés internationaux comme l’Asie et les USA.

« La première expérience Pyrenea, qui semblait avortée, se transforme et je pense vraiment qu’on peut aboutir à quelque chose », conclut Jean-Louis Iratzoki.

Propos recueillis par @ClaireSémavoine, pour Cap Sciences

Ci-dessous, l’intégralité de la table ronde « Quelles dynamiques d’innovation collective pour faire émerger des opportunités business ? »

Retrouvez tous les enregistrements et vidéos sur notre Playlist Escales du Design 2014

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2 réflexions au sujet de « Design accélérateur de business / Pyrenea : au-delà de l’échec, la mutation »

  1. Merci pour votre commentaire Monsieur Cahn qui vient récompenser notre travail.
    Bien cordialement.
    L’équipe Prospective Design.

  2. Bravo à Jean-Louis Iratzoki d’avoir eu le courage de revenir sur un  » échec » pour tenter d’en tirer des enseignements (ce qui est malheureusement très rare dans notre culture, qui n’est faite que de supposées « success stories »). Bravo aussi à Design Aquitaine de ne pas avoir craint d’en faire un article.
    Ce papier m’inspire plusieurs réflexions.
    Un médicament efficace – je pense que le design peut être considéré comme tel – a toujours certaines contre-indications et connaît toujours certains échecs.
    On a toujours grand profit à réfléchir collectivement sur un échec … ne serait-ce que pour ne pas le reproduire et mieux comprendre les vertus de l’outil et ses limites.

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