Fonroche : sous le sunlight du design

Un premier modèle de lampadaire solaire, le Tropical light, a été réalisé en 2011 au sein du bureau d’étude de Fonroche.

Tout lancement d’un produit nouveau est une vraie saga. Près d’Agen, la société Fonroche Energie explore depuis 2011, design à l’appui, une nouvelle génération de mobilier urbain fonctionnant à l’énergie solaire.

 

Depuis une quinzaine d’années, des lampadaires autonomes photovoltaïques ont fait leur apparition sur le marché de l’éclairage urbain. Bien que rares en France, ils sont devenus communs en Afrique où nombre de villages non reliés à des réseaux électriques, s’équipent de ces candélabres solaires nouvelle génération. A Roquefort, près d’Agen, l’entreprise de taille intermédiaire (ETI) Fonroche, fabricant et installateur de panneaux photovoltaïques employant 270 salariés, a décidé depuis 2011 de rajouter une corde à son arc et d’investir ce créneau. Visant en premier chef le marché africain via le Bénin, Fonroche élabore ainsi, au sein de son bureau d’étude, un premier prototype de lampadaire photovoltaïque porteur d’innovations.

Une recherche axée sur la performance technique

« Notre objectif était de contourner deux problèmes que nous avions identifiés : le vol de batterie sur les mâts et une insuffisance de stockage de l’énergie qui créait des coupures » pose Thomas Schuler, responsable R&D de Fonroche. En partenariat avec Saft, spécialiste des batteries haute technologie, Fonroche met au point une batterie à base de nickel metal hydride (NIMH). « Celle-ci a une durée de vie 3 à 4 fois supérieure aux batteries en plomb utilisées habituellement dans les lampadaires photovoltaïques. De plus, nous l’avons dotée d’un système de gestion intelligente qui permet d’évaluer le niveau de charge de la batterie et d’adapter l’intensité de la lumière pour que l’éclairage soit continu » détaille Thomas Schuler. Autre point fort : les batteries NIHM, moins sensibles à la chaleur que les batteries en plomb, peuvent désormais être installées en hauteur et « dotées d’un système de protection évitant les vols ».

Un second prototype plus design

Un second prototype de lampadaire Illum’in a été conçu en collaboration avec un designer.

Le design dans tout ça ? Très empirique, reconnaît le directeur des ressources humaines. « Le marché africain, basé sur des appels d’offre, est avant tout utilitaire et privilégie les prix bas. On ne nous demande même pas de photos du lampadaire». En revanche, Fonroche, qui décide ensuite de s’attaquer au marché français, peaufine un second modèle avec cette fois l’aide d’un designer. Une première pour cette ETI. « Pour conquérir ce marché, le design est un élément de poids nécessaire pour se différencier des produits standard ». Illumin’s, bien que doté de la même technologie que le premier lampadaire Tropic Light, aborde désormais une silhouette plus légère, lovant sa batterie sous une pièce en métal plus élégante, ovale et ajourée.

Peu après, Fonroche franchit une autre étape en se lançant dans l’éco-design. « En nous basant sur des remarques d’utilisateurs d’Illum’in, nous avons créé un troisième lampadaire, le SmartLight, à destination du marché international. Avec l’aide d’un éco-designer, nous avons travaillé surtout pour revoir la spécification des composants et réduire la quantité de métal pour un emballage et un transport des pièces plus faciles, en prenant en compte également l’aspect recyclage des matériaux et la facilité d’installation des candélabres ».

Thomas Schuler, responsable R&D de Fonroche, à côté de leur dernière génération de lampadaires conçus en collaboration avec un eco-designer, le smartlight.

Une stratégie de vente recadrée

Ces trois produits aujourd’hui commercialisés pénètrent peu à peu le marché. Cependant, l’explosion de vente attendue n’est pas au rendez-vous. « Quant on est une ETI, qu’on mobilise six personnes de son bureau d’études et qu’on investit en conséquence, l’idée n’est pas de faire vivre 3 ou 4 personnes mais d’avoir un vrai business » précise Thomas Schuler. Fonroche, dès lors, recadre sa stratégie. Proposant un produit designé et innovant techniquement, donc plus cher, elle vise à l’international désormais non plus le marché africain mais celui des Etats-Unis, des Caraïbes, du Moyen-Orient et nord-Européen. En France, devant la complexité de pénétrer le marché de l’éclairage publique lié à diverses subventions et la frilosité des élus, la société se tourne vers le secteur des entreprises privées demandeuses d’éclairages photovoltaïques notamment pour leurs parkings ou investit le marché d’installation d’éclairages en zones inondables ou dans de nouveaux lotissements.

« On travaille aussi à développer des évolutions possibles de l’énergie autonome dans l’environnement urbain. Un travail est en cours avec l’école de design de Nîmes sur les usages possibles dans du mobilier urbain comme des panneaux publicitaires, des caméras… Le design, pour nous, a son importance, pas seulement sur l’esthétique mais surtout sur l’innovation des usages et l’amélioration d’aspects comme la facilité d’installation et de transport des produits  » reconnaît Thomas Schuler.

En 2012, avec l’aide de Aquitaine Développement Innovation, Fonroche a également conçu un modèle de lampadaire photovoltaïque autonome et déplaçable, basé sur un assemblage de pièces de béton imitation bois, cuir…

 

 

 

 

 

 

 

 

Marianne Peyri, journaliste Cap Sciences 

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