Intelligence Design / Design « est » relation / FéDI : un réseau pour défendre « les bonnes pratiques »

Vincent Schmitt, président de la FéDI, Fédération des designers industriels.

Vincent Schmitt, président de la FéDI, Fédération des Designers Industriels.

En véritable syndicat, la Fédération des designers industriels (FéDI) basée en Rhône-Alpes, joue la carte du réseau pour mieux défendre les droits et les intérêts des designers. La parole à Vincent Schmitt, président de la FéDI.

Pour quelles raisons la Fédi a-t-elle vu le jour en 2000 ?

La volonté était de donner de la visibilité sur l’offre des compétences de designers industriels ; l’Alliance Française des Designers (AFD) étant historiquement plutôt tournée vers les designers de l’édition, du graphisme, d’espace… Les designers industriels, qui exercent pour la plupart en SARL ou en entreprises individuelles, sont fournisseurs de services à l’industrie et dépendent donc directement du ministère du redressement productif. Il était important de défendre leur métier, d’autant que l’on pouvait constater une tendance à la baisse de rémunération des designers et l’apparition de nouvelles concurrences sous forme par exemple d’avant-projet gratuit… Cette dérive des pratiques ne tirait pas le métier vers le haut.

Quels chantiers avez-vous mis en oeuvre pour assurer ces missions ?

Pour 2014 et les années à venir, nous nous sommes fixé deux axes prioritaires qui s’inscrivent dans un plan d’action plus vaste, porté par la Coordination opérationnelle Design en Rhône-Alpes (CoDesign), et qui associe plusieurs partenaires que sont la Région Rhône-Alpes, la FéDI, le collectif Designers +, l’ARDI, la Cité du design (lieu de promotion et d’exposition) et l’Etat (Direccte). Membre fondateur de cette gouvernance régionale lancée en 2012, la FéDI, plus spécifiquement, est chargée de la mise en place d’un Observatoire sur l’offre en design du territoire. Aujourd’hui, il n’existe quasiment pas de données quantitatives sur le chiffre d’affaires généré par les agences de design et les designers indépendants, l’impact économique d’un projet de design dans une entreprise, le nombre réel de professionnels du design, les taux de recrutement… La profession, en elle-même étant très disséminée, sa définition restant floue, peu d’organismes de statistiques établissent ces données.

FEDI-prospectivedesignComment allez-vous procéder pour mettre en place cet observatoire ?

Les informations seront recueillies par questionnaire auprès des designers adhérents et non adhérents des différents réseaux du territoire. Nous démarrons juste la campagne. L’objectif est de diffuser ensuite ces données par Internet ou brochure, courant 2015 puis tous les ans, auprès des designers mais aussi des acteurs du tissu économique et des donneurs d’ordre public. Ces derniers pourront mieux évaluer l’importance de ce secteur économique, et les designers avoir une photographie de la profession et de ses évolutions.

Défendre les bonnes pratiques et les intérêts communs de la profession fait également partie de vos priorités ?

En tant qu’organisation professionnelle et dans un contexte où la mission de promotion du design est assurée dans la région par la Cité du design et ses partenaires, notre rôle, selon nous, est de rester vigilant sur les pratiques des uns et des autres pour défendre notre profession. Ainsi depuis 2011, nous avons édité une charte « QualiDesign » qui met en avant, sous forme de fiches thématiques, des conseils pour connaître et appliquer de « bonnes pratiques », par exemple le respect des processus de création, l’évaluation de la satisfaction client, la maîtrise des fournisseurs, la mise en place au sein de l’entreprise d’une veille sur les tendances et les technologies…

Vous travaillez de même dans cette optique sur la création d’un label ?

En effet, à partir du moment où des designers décident de s’engager et de progresser dans leur pratique, il nous a semblé important que cela soit valorisé auprès de leurs clients par l’existence d’un label. A partir de septembre prochain, les réunions vont s’enchaîner pour définir le processus de labellisation et ce, en concertation avec les autres organisations professionnelles. A l’heure actuelle, ce type de label n’existe pas.

Quel bilan tirez-vous de cette mise en réseau et de vos premières actions ?

Sur la question des bonnes pratiques, nous n’avons pour le moment pas encore d’indicateurs précis. Cependant depuis cinq ans, on peut voir au niveau national une évolution portée par le dynamisme de la Mission Design, la création d’un crédit impôt innovation, qui se traduit aussi en région avec le lancement de l’initiative CoDesign. Dans un contexte où la situation pour les designers s’est beaucoup dégradée ces dernières années, cette impulsion nationale est positive et va dans le bon sens.

Propos recueillis par Marianne Peyri, journaliste Cap Sciences

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