Kimo : des appareils dans l’air du temps

En avril 2013, la société Kimo a sorti sa dernière gamme de capteurs de pression, température, vitesse, débit d’air… Le fruit d’un partenariat avec les designers de l’agence Ilô Créatif.

 

Depuis une dizaine d’année, l’ETI basée en Dordogne, Kimo, fabricant d’instruments de mesure et de contrôle de l’air, a initié une démarche design. Plus question, désormais, pour cette société, « de faire machine arrière ».

 

Leur domaine, c‘est avant tout l’extrême précision. Les 5000 appareils différents de Kimo qui sortent de leurs ateliers de Montpon sont destinés à mesurer avec minutie la pression, la vitesse, la température, l’hygrométrie de l’air en milieu confiné, la combustion et l’acoustique. Leurs thermomètres, hygromètres, anémomètres, analyseurs de combustion, sondes… peuplent ainsi les installations de chauffage, de ventilation ou de climatisation de divers bâtiments : immeubles d’habitation, hôpitaux, usines agroalimentaires, pharmacies, musées. Leurs appareils se doivent avant tout d’indiquer « la juste mesure » pour détecter anomalies et pollutions. Autant dire que le design, à priori, ne s’impose guère dans ce secteur de produits scientifiques à haute technologie à usage professionnel.

Pour autant, Kimo a sauté le pas, il y a plus de dix ans. « A cette époque, nous avons décidé de ne plus acheter de boîtiers standard pour nos appareils de mesure mais de les fabriquer nous-mêmes. La question du design s’est imposée tant pour répondre aux besoins d’usage des clients, maîtriser les prix de revient que travailler notre image », indique ainsi Sandie Moulinet, PDG de Kimo, société employant aujourd’hui 325 salariés et au CA de 28 M€.

Priorité à l’observation de terrain

Les premières collaborations, dès 2002, avec des designers d’agences parisiennes n’ont cependant guère porté leurs fruits. « Ils travaillaient uniquement sur des cahiers des charges, avec une aide ponctuelle qui ne répondait pas au final à tous nos besoins», note Sandie Moulinet. Le rythme de croisières du design a, en fait, été réellement pris, en 2009, en faisant appel aux designers de l’agence Ilô Créatif de Périgueux.

Avec, désormais, une méthode axée sur l’observation et en partenariat avec des clients. «Les designers vont sur le terrain observer comment l’instrument est tenu en main, utilisé, posé… Ils ne font pas que se baser sur les remontées directes de l’utilisateur mais portent un regard distancié qui permet de remettre en cause également des gestes d’utilisation que le client considère comme « normaux ». De plus, l’évolution d’un produit en cours de développement est validée au fur et à mesure par le client. Il y a un vrai partenariat ».

Une vision globale du design

L’analyseur Kigaz 300 primé lors des Trophées Aquitains de Design Industriel (TADI) en 2010.

Résultat, en 2010, Kimo était primé lors des Trophées Aquitains de Design Industriel (TADI) pour sa nouvelle gamme d’analyseurs de combustion et remportait en 2012 le label « Observeur du Design » pour ses enregistreurs sans fil kistock en température et humidité, et ce, parmi plus de 1400 produits internationaux.

« Ces prix, je pense, récompensent une vision du design global, soit notre travail sur l’ergonomie et l’esthétique, mais également sur les facilités d’utilisations via notre modèle portatif, sur nos efforts en éco-conception et sur toute une série d’améliorations techniques des systèmes propres de mesures, une maintenance facilitée des appareils et un allongement de leur durée de vie ». Sans compter également la maîtrise des coûts de revient.

Soit autant de billes par rapport à la concurrence dans un contexte économique difficile ! « Certes pour le client, la priorité reste d’avoir un produit de qualité sur la précision et les fonctionnalités d’interprétation des mesures. Pour autant, le design est un élément complémentaire. Pour nos nouveaux produits, soit une nouvelle gamme tous les deux ans, nous poursuivons ainsi notre travail avec Ilô Créatif. Aujourd’hui, ça me semble difficile de faire machine arrière », conclut Sandie Moulinet.

Marianne Peyri, journaliste Cap sciences

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *