Les Escales du Design / « L’ADN de la marque doit être révélée par le designer »

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Frédéric Beuvry (Schneider Electric) (Crédits : Agence Appa)
Définir son ADN, fixer des règles claires, oser et foncer : voici comment faire en sorte que le design se transforme en business selon Frédéric Beuvry. Le directeur Design et ergonomie de Schneider Electric était l’invité d’honneur de la Matinale organisée par Aquitaine Développement innovation (ADI) et notre rédaction, dans le cadre des Escales du design.

Senior vice-président Design et ergonomie au département Stratégie et innovation de Schneider Electric, Frédéric Beuvry connaît son sujet sur le bout des doigts. Dans un discours brillant, plein d’humour et fourmillant d’exemples, l’homme s’est employé à démontrer à quel point le design peut être un vrai accélérateur de business, devant un amphithéâtre de l’Ecole supérieure de cognitique comble à l’occasion des Escales du design. S’appuyant notamment sur son expérience professionnelle passée au sein de SEB, mettant en relief des inadéquations manifestes entre identités de marques et produits finis, il a expliqué comment l’industriel français avait grandi, mais aussi combien il fut difficile de créer une véritable architecture pour ces marques.

Qualifier son ADN

Frédéric Beuvry a souligné un point crucial : « Il faut faire se rencontrer une marque et un comportement d’usager. » Swatch a ainsi su développer un véritable empire associant plusieurs marques : une pour les montres peu onéreuses, une pour le luxe, une pour les produits techniques… Chacune ayant une légitimité car s’appuyant sur une identité claire et forte.

« La première étape est de qualifier son ADN, de définir quels sont ses atouts par rapport à la concurrence, affirme Frédéric Beuvry. Il est ensuite temps de fixer des règles nettes, puis de rencontrer un designer, ou, mieux, plusieurs. Débute le travail en collaboration. S’il vous dit qu’il veut faire votre produit en vert, que vous refusez mais qu’il insiste, mettez-le dehors ! Travailler avec un designer proche de vous et à votre écoute vous permettra de mieux valoriser les valeurs de votre marque. »

Innover pour exister

Définissant le design comme « la transformation d’une situation existante en une situation préférable », pourfendant « les certitudes incroyables du marketing », Frédéric Beuvry a appelé les patrons à se mobiliser : « Le design, c’est avec Dieu, pas avec les apôtres. » Arguant que « si le design peut coûter cher, ne pas en faire coûte encore plus ». Des conseils totalement applicables aux PME et TPE selon Jean-Georges Micol, directeur général d’Aquitaine Développement Innovation, qui a rappelé que l’agence et le Conseil régional apportent leur soutien au développement du design auprès des PME, en apportant des compétences, en mettant en relation différents acteurs mais aussi en finançant des projets. En ligne de mire, un fait essentiel : il faut innover pour se différencier. D’où l’idée du Plan design lancé par ADI.
Car, comme l’a évoqué Jean-Luc Fouco, président du directoire de l’agence lors de son propos introductif, « si l’on fait la même chose que les autres, on est vite acculé à se battre sur les prix. Dans des pays comme les nôtres, c’est la disparition programmée. » Encourager la co-construction du produit par le designer et le client, stimuler la créativité des entreprises, jouer en réseau avec notamment un rapprochement envisagé avec le Club des ETI d’Aquitaine: les développements futurs de ce Plan sont nombreux.

Source :  La Lettre d’Objectif – Jeudi 4 décembre – Mikaël Lozano  |   –  511  mots

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