Pema : à Nontron, designers et artisans d’art cherchent le design de demain

Pema : designers et artisans d’art expérimentent le design de demain

La première réunion entre Stefania Di Petrillo en résidence à Nontron en 2006 et les acteurs de la résidence (ADDC, Mairie de Nontron, Pôle Expérimental Métiers d’Art, Education Nationale, Parc naturel régional Périgord-Limousin).

Depuis l’an 2000, le Pôle expérimental métiers d’art (Pema) de Nontron et du Périgord vert né en 1999, invite des designers en résidence, afin d’effectuer des recherches basées sur l’échange d’expériences et de savoir-faire avec des artisans d’art.

Des grands noms du design comme Samuel Accoceberry en résidence jusqu’au printemps 2014, mais aussi des anciens de l’ENSCI tels Matali Crasset, Godefroy de Virieu, Stefania di Petrillo ou encore Jean Couvreur ont été sélectionnés pour s’initier durant deux années à une approche artisanale de la matière et du geste. Et ce n’est pas tout ! En échange, ils permettent aux professionnels des métiers d’art de mieux appréhender les relations entre l’usage, la forme, l’esthétique d’un objet tout en le plaçant dans un contexte économico-social actuel et futur. Explications.

« Expérimental »… un qualificatif qui se décline à chaque étape de la résidence du designer sélectionné par le Pema. « Au début du projet, on donne toutes les cartes au designer », commence Sophie Rolin, la responsable du Pema. « Celui-ci découvre le territoire et rencontre les artisans qui vont potentiellement collaborer au projet sur la base du volontariat et des disponibilités de chacun. Ensuite, en fonction de la thématique que nous imposons, c’est une question d’affinités… » Céramistes, ébénistes, restaurateurs de vitraux, de tableaux, de meubles, de bâtiments, etc. Le designer en résidence a l’embarras du choix parmi les 217 métiers d’art regroupés dans le secteur de Nontron labellisée Ville et Métiers d’Art.

 

Pema : designers et artisans d’art expérimentent le design de demain

Samuel Acoceberry est l’actuel designer invité en résidence par le Pema dans le cadre des « Résidences de l’art en Dordogne ».

Des prototypes conçus dans les ateliers

« Chaque projet est une expérience à part entière. Dans certains cas, les artisans se chargent de la fabrication de l’objet proposé par le designer, dans d’autres cas, les deux réfléchissent ensemble à la réalisation du concept. La plupart du temps, la démarche adoptée est très collaborative », explique Sophie Rolin. À l’image de « A Tavola ! » (2006/2007) de Stefania di Petrillo qui « a souhaité la participation active de chaque artisan, de la réflexion initiale à l’aboutissement du projet ». Autre exemple, celui de Samuel Accoceberry, l’actuel résident qui autour de la thématique « Intérieur – extérieur – passage », est « capable de rassembler et fédérer des artisans autour d’un projet commun grâce à son investissement total ». Au volant de la voiture mise à la disposition de chaque designer en résidence, Samuel Accoceberry se rend dans les ateliers des artisans avec lesquels ils collaborent. « Finalement, le designer est très peu sur le Pema et très souvent dans les ateliers des artisans où les prototypes sont créés, démontés, reconstruits… », confie la responsable du Pema.

 

Pema : designers et artisans d’art expérimentent le design de demain

De l’expérience à la commercialisation

Réflexion, concept, prototype, exposition, etc. De ces 13 années de collaboration « in situ » entre les artisans d’art du Nontronnais et les designers sont nés des produits commercialisés, pérennisant ainsi les projets issus des expériences lors des résidences et favorisant économiquement le savoir-faire artisanal. Citons par exemple la marque Variopinte fondée par Stefania di Petrillo qui commercialise une gamme art de la table créée lors de sa résidence, ou encore le prototype de l’arbre d’hiver « claie à pommes » conçu en 2004 par le designer Godefroy de Virieu, produit par Cyril Delage. L’avenir du design résiderait-il dans la collaboration active des savoir-faire ? Au regard des différents succès que rencontrent le Pema, il semblerait que cette piste soit à creuser.

Claire Sémavoine, journaliste Cap Sciences

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