Question de méthode 1/3 : Asit et le développement de la créativité

Pascal Jarry est le promoteur de la méthode ASIT en France

Après une carrière dans les jeux vidéo Pascal Jarry  découvre Asit, une méthode qui permet de trouver des solutions créatives à tout type de problèmes. Dans la foulée, il fonde la société de conseil et de formation, Solid creativity, présente dans plusieurs villes de l’Hexagone avec une palette de clients allant de Gucci à Michelin. Cet article est le premier d’une série en trois volets évoquant les outils le design.

« Vous-êtes venu à vélo ? ». Un peu gêné, on brandit une selle en guide de confirmation. Le détail, évidemment, ne pouvait échapper à Pascal Jarry, inventeur d’un antivol utilisant la tige de selle pour entraver les rayons d’une roue de cycle. Plus besoin de lourde chaine, plus besoin de s’encombrer de sa selle en rendez-vous : il suffisait d’y penser.

D’y penser beaucoup. Ce que Pascal Jarry a fait, pour l’assise, mais aussi pour d’autres composantes du vélo : « Je m’étais fixé le défi de déposer un brevet par mois pendant un an. » Pari réussi. Mais le véritable objectif est ailleurs. Pour le comprendre, il faut un peu revenir en arrière.

Mise à l’épreuve

En 2002, l’entreprise de jeu vidéo bordelaise dans laquelle travaille Pascal Jarry ferme boutique. Confronté à l’alternative : rester à Bordeaux et cesser de travailler dans une industrie qu’il connaît par cœur, entrer dans un nouveau cycle d’expatriation entre Japon et États-Unis, l’homme opte pour la première. C’est le moment de mettre en œuvre un projet de longue date : prendre un temps de recul pour tenter de comprendre et de rationaliser les processus à l’œuvre dans la création.

C’est ainsi que Pascal Jarry découvre Asit dont l’acronyme se traduit en français par méthode pour des solutions innovantes, développée par le professeur Roni Horowitz : « J’ai tout de suite vu que je tenais ce que je cherchais depuis longtemps. Après l’avoir apprise j’ai cherché à l’éprouver. » D’où les douze brevets cyclistes.

« La méthode n’invente rien, elle ne fait que structurer ce qui se passe dans la tête d’un créateur. » Cinq outils de réflexion, avec un mode opératoire extrêmement précis, sont utilisé à cet effet. Ils permettent de se concentrer sur les composantes essentielles du problème que l’on cherche à résoudre. Et de désamorcer les réflexes du cerveau qui empêchent l’émergence de solutions « si inventives, qu’elles semblent des évidences ».

Générateur d’idées

L’unification est l’un des outils utilisés. Elle consiste à utiliser un élément, fut-il un facteur aggravant, existant dans l’environnement du problème pour le résoudre : la selle qui devient antivol, par exemple. L’efficacité du processus semble diabolique.

Mais au fait, est-ce du design ? « Ma fille qui fait des études dans ce domaine me dit que ce n’en est pas. » Un sourire en coin précise l’adhésion très relative de Pascal Jarry à la classification de sa fille. « Avec Solid creativity j’aide les spécialistes du design à accoucher de nouveaux concepts que, malgré tout leur talent, toute leur expérience et toute leur expertise, ils ne parviennent pas à sortir. » La fin de la page blanche.

Donatien Garnier, journaliste Cap Sciences

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