RID : l’innovation radicale passe par la rupture organisée

RID : l’innovation radicale passe par la rupture organiséeDepuis cinq ans, l’École Centrale de Paris forme les entreprises à la méthodologie Radical Innovation Design (RID). Conçu par Bernard Yannou, professeur et responsable du thème de recherche sur « l’ingénierie de développement de produits et services » au sein du laboratoire Génie industriel, cet outil de « rupture organisée » oblige la mutualisation des disciplines pour aboutir à court et moyen terme à une solution conceptuelle créatrice de valeurs.

« Seule l’entreprise qui souhaite changer fondamentalement bénéficiera des retombées positives de la méthodologie RID. C’est un virage à 90 degrés qui décalera nécessairement son organisation et son projet d’innovation », avertit immédiatement Bernard Yannou, développeur de l’outil RID, professeur et responsable du thème de recherche sur « l’ingénierie de développement de produits et services » au sein du laboratoire Génie industriel à l’École Centrale de Paris.

Et pour causes, ce procédé enseigné en formation continue depuis cinq ans aux directeurs et cadres R&D de l’ingénierie, du marketing, des achats, de la finance, aux chefs de projets, responsables de « business units », etc. abandonne définitivement le modèle classique de fonctionnement de l’entreprise dit « par silos » pour la co-innovation.

Deux phases : « setting » et « solving »

La réussite de cette démarche prospective réside dans le « décloisonnement des fonctions de l’entreprise au sein du projet d’innovation en intégrant dès les origines du projet d’innovation, un groupe multidisciplinaire », précise Bernard Yannou. Mais ce n’est pas tout. « Le projet d’innovation doit être mené comme une véritable enquête. »

Quel est l’objectif de l’entreprise, son besoin fondamental ? Comment impulser la dynamique d’innovation en groupe multidisciplinaire et s’organiser en mode projet ? Quelles sont les connaissances requises ? Après une première phase appelée « problem setting », la méthode RID développe une stratégie d’exploration des solutions conceptuelles à partir du ou des briefs(s), et s’applique à établir des preuves solides de concept, de valeur et d’innovation au travers des protocoles de validation et du prototypage lors de la seconde phase dite « problem solving ».

« Dans l’imaginaire collectif, les phases d’innovation sont généralement menées par des créatifs un peu dingues dans une ambiance abstraite et délurée », regrette le centralien. « Sauf que non, le challenge du changement pour une une bonne transformation de l’entreprise passe par une organisation stricte de tous les services. Marketing prospectif, prototypages, ingénierie de conception, management, etc. Sans cette mutualisation des compétences, la méthode n’est pas applicable. »

Des entreprises accompagnées

La rupture impose un renversement des habitudes, qui n’est accepté que si certaines conditions sont réunies. Trouver son secret n’est pas donné à tout le monde et dans un premier temps, il faut être capable, au nom d’une vision, de changer ce qui a peut-être toujours marché… Ainsi : « Nous accompagnons chaque entreprise qui souhaite s’investir dans une rupture organisée », précise Bernard Yannou. « De plus, ce projet d’innovation passe par la signature d’une charte qui engage la société à “travailler différemment”. »

À ce jour, la méthode a été appliquée sur plus de 45 projets (Doro, Vivago, Assystel, Legrand, Sanofi-Aventis, Withings).

 

Claire Sémavoine pour Cap Sciences

 

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