Test sur des robots domestiques

Publié le samedi 15 décembre 2012 à 15h

Stéphanie Cardoso

À la conférence Design et robot : design de l’interaction sociale dynamique de vendredi après-midi, Stéphanie Cardoso intervenait en tant que maitre de conférence au Mica (laboratoire de recherche en Information, communication et art) à la suite de Pierre-Yves Oudeyer, directeur de recherche à l’Inria, sur un sujet complémentaire : les robots de compagnie.

« Je suis partie d’un constat, explique la chercheuse. On ne trouve que des robots de compagnie anthropomorphe et zoomorphe. Pourquoi toujours interagir avec des robots qui nous ressemblent ? » La chercheuse tente alors de définir le robot de compagnie et sélectionne une poignée de robots emblématiques. Que pensent le grand public de ces robots et quelle tâche leur attribuent-ils ? « Rapidement, je me suis aperçue que le public attendait d’un robot en forme de chien un rôle de chien et d’un robot humanoïde qu’il accomplisse les tâches ménagères » raconte Stéphanie Cardoso. Elle souligne l’importance de la science-fiction dans l’imaginaire collectif : « Le panel des personnes interrogés étaient effrayés à l’idée que les robots puissent remplacer l’humain ».
En prenant l’exemple d’un robot humanoïde à la peau synthétique présenté à l’exposition universelle, elle remarque un fort décalage entre ce que la technique permet et ce que les gens en attendent. « Le robot servait de guide pendant l’exposition. Elle peut avoir une conversation, si on lui demande si elle va se marier, elle répond que oui, elle est en train de chercher la bonne personne. Tant de technologie pour une simple démonstration, est-ce nécessaire ? » s’interroge la chercheuse.


L’expérience finale consistait à mettre les personnes en présence du robot Ibot, qui ressemble à un chien, et de recueillir leur ressenti vis-à-vis de cette technologie. Présenté devant eux inerte, Ibot leur semble froid et ne leur donne pas envie d’interagir. S’ensuit une démonstration des possibilités qu’offre l’objet, puis une mise en relation entre humain et robot. Le dialogue s’installe alors et les gens se prennent au jeu : ils veulent se faire obéir du robot-chien, capter son attention. « Le sentiment de distance se transforme alors en sympathie bienveillante et en relation affective, explique Stéphanie Cardoso. Finalement, le robot a un impact positif sur l’usager ». Et elle conclut « Le public voit un robot qui ressemble à un chien et projette ses attentes sur lui au point de ressentir pour l’objet un sentiment suscité habituellement pour un chien en chair et en os ».
Elsa Dorey, journaliste Cap Sciences

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